Suivant les conseils de Philippe, un ami de l'Alternative (vous vous souvenez, celui chez qui je suis allée pendre la crémaillère), je suis en train de lire "C'était bien" de Jean d'Ormesson. Et en rentrant en métro tout à l'heure, plongée dans ma lecture, je suis tombée sur un passage qui m'a interpelé. Le voici, en espérant que je n'aurai pas de droit d'auteur à honorer....:
" Peut-être Bach et Mozart composaient-ils des cantates et des airs d'opéra pour exprimer leur joie. Peut-être les peintres peignent-ils parce que le monde est beau. Je crois que les écrivains écrivent parce qu'ils éprouvent du chagrin. Je crois qu'il y a des livres parce qu'il y a du mal dans le monde et dans le coeur des hommes. Personne n'écrirait s'il n'y avait pas d'histoire. Et le moteur de l'histoire, c'est le mal.
Tous mes livres sont sortis d'un trouble. J'étais heureux, bien sûr. Mais pas assez pour me taire. "La littérature, écrit Pessoa, est la preuve que la vie ne suffit pas." Je ressentais comme un manque. Une douleur m'animait. Elle me jetait hors de moi. J'écrivais pour protester. Contre les autres. Et contre moi. Pour changer du chagrin en un peu de bonheur à l'aide de la grammaire."
Non pas que je me prétende écrivaine, mais c'est toujours ce que j'ai ressenti. Mes meilleurs textes sont toujours apparus lorsque j'étais mélancolique ou que mon esprit traversait une épreuve difficile. Peut-être est-ce parce que mon cerveau est déjà en fonctionnement intense dans ces moments là que, lorsque je m'installe devant mon clavier, tout sors, non pas sans difficulté, mais avec une organisation et une réflexion plus profonde. Peut-être est-ce aussi, comme le dit Jean d'Ormesson, parce que l'envie de protester devient trop forte et que c'est la meilleure façon que l'on trouve pour extérioriser des sentiments, soit ennivrants, mais usant et fatiguants.
Dès lors, je tiens à vous rassurer : remarquez comme je n'écris pas beaucoup ces temps-ci. Je remplis les trous par des images, car l'envie d'écrire n'est pas assez forte. Non pas que je trouve inintéressantes toutes ces vues de mon quotidien. Au contraire, je sais que certains les espèrent avec impatience. Pour cette raison, en voici d'autres, de mon institut de recherche et de mon laboratoire.
Et en parlant de photo, je suis allée samedi dernier à la première rencontre du cours de photographie que je prends à l'université. Je peux vous assurer que c'est l'une des meilleures décisions de mon automne d'avoir pris ce cours ! C'est excessivement instructif et intéressant. Les mystères de la technique photographique et de mon appareil se dissipent petit à petit. La suite se donne samedi et je peux vous dire que j'en trépigne d'impatience.